14 octobre 2026
L’agrandissement RaysideLabossière : un laboratoire à l’épreuve de l’artifice écologique?
Aujourd’hui, RaysideLabossière lance le premier article d’une série qui vous fera découvrir les coulisses de l’agrandissement de ses bureaux, mais aussi le processus de recherche et d'analyse continu derrière toutes les décisions de conception. Une occasion de revenir sur un projet qui nous a permis de mettre à l’épreuve notre expertise en design écologique et d’explorer de nouvelles avenues en matière de conception durable.
L’agrandissement RaysideLabossière : un laboratoire à l’épreuve de l’artifice écologique?

Enracinée dans le Centre-Sud depuis déjà une décennie, RaysideLabossière entendait rester dans son quartier d’adoption même si les besoins en espaces se faisaient sentir entre les murs de son bâtiment rue Ontario. Si la première itération de ses bureaux fut un casse-tête, la seconde s’annonçait encore plus rocambolesque.
Avide de défis, l’équipe a vu l’opportunité d’agrandissement de ses bureaux pour mettre à l’épreuve son expérience en matière de design écologique et de tester un éventail de solutions durables.
Mais qu’est-ce qu’une solution durable?
Le qualificatif est en effet de plus en plus galvaudé, une multitude de stratégies dites vertes, résilientes ou encore à haute performance énergétique servant davantage à éblouir ou anoblir, plutôt qu’à contribuer réellement à la réduction de l’impact environnemental de la construction. Et puis, même sans s’inscrire foncièrement dans le greenwashing, les meilleures intentions de design pour atteindre une performance hors norme, n’ont trop souvent pas les effets escomptés. Pensons à l’exemple de la Maison du Développement durable, truffée de caractéristiques dites écologiques. Bien qu’elle performe relativement bien, sa consommation énergétique est 2.3 fois plus élevée que prévu[1].
Ainsi, quelles stratégies durables sont vraiment écologique en construction? Comment éviter de sélectionner des mesures vertes spectaculaires en apparence, mais dont l’impact est incertain, voir nul à long terme? L’architecture écologique peut-elle rallier la beauté à l’écologie, sans tomber dans le simulacre?
Plein de questions.
Se prêtant ainsi au rôle de chercheur·euse, l’équipe a pris soin de tester et de quantifier l’impact environnemental, économique et social de l’ensemble des choix ayant guidé le design du projet, dans l’optique de démontrer les réels bénéfices des stratégies déployées. De plus, l’agrandissement résultant devait véhiculer à la fois sa nature écologique et la démarche architecturale originale du projet.
Trois principes ont ainsi guidé chaque décision de conception :
- Maximiser l’utilisation du bois;
- Incorporer le plus possible de stratégies low-tech et efficientes pour réduire le plus possible la demande énergétique du bâtiment en amont; et
- S’assurer que chaque composante remplit plus d’un objectif ou répond à plus d’une contrainte.
Annexcitant !
Dans cette série de courts articles relatant l’épopée de ce projet, nous souhaitons présenter un processus de recherche. Nos prémisses sont les suivantes :
- Nous voulons rompre avec le narratif performatif des constructions écologiques contemporaines, trop souvent présentées à travers la lentille des innovations technologiques sous-jacentes à leur hyper performance.
- Nous soutenons que l’essence de la conception durable réside davantage dans l’amalgame complexe de microgestes simples et efficaces, plutôt que dans des matériaux innovants aux performances et à la provenance incertaines ou encore à des systèmes automatisés, électromécaniques et d’isolation à la fine pointe de la technologie.
- Nous pensons que l’innovation ne réside pas dans le tape à l’œil, mais plutôt dans la modestie!
[1]Teisceira-Lessard, Philippe (16 septembre 2026), Vice de construction à la Commission de la construction, sur le site de La Presse [https://www.lapresse.ca/actualites/2026-09-16/des-choix-ecologiques-qui-coutent-cher/vice-de-construction-a-la-commission-de-la-construction.php], consulté le 16 septembre 2026
